Le continent noir est malade, non pas seulement du fait des multiples guerres, des famines, des désastres atmosphériques, de la misère, des épidémies..., mais aussi et surtout de ses enfants.Oui l'Afrique est malade de ses chefs d'Etats, de ses leaders qui ont dévoyé leur mission principale: lui donner un visage plus humain, moins pathétique et plus souriant.
Ainsi après des décennies de désillusion, après moult tentatives de rectification des erreurs de leurs aînés, les filles et les fils d'Afrique, jeunes d'aujourd'hui, plus que jamais conscients de leurs destiné, osent lever un autre regard sur LEUR avenir. Déçus et désabusés ils recherchent des modèles, non plus ceux venus d'ailleurs, mais plutôt ceux à travers qui ils peuvent facilement se reconnaître, et à qui ils s'identifient.
La célébration du 20 ème anniversaire de la mort du Burkinabé Thomas Sankara, le 15 octobre 2007, a permis un temps soit peu d'appréhender l'ampleur du phénomène. L'effervescence que l'événement a suscité dans la plupart des pays du sous continent, et la couverture médiatique qui en a été faite, témoignent du fait que cette jeunesse se veut engagée. Pour elle " l'heure de la révolution des mentalités a sonné". Cet état de chose est tout à fait symptomatique et suscite une question : Jusqu'où est-elle prête à aller, cette jeunesse?
Je me dois enfin de remarquer que lorsque toute une génération en arrive à faire appel à la mémoire des morts juste pour retrouver son identité, c'est qu'il y a péril en la demeure...